marielle franco

« Si j’allais au noir cimetière,
Frères, jetez sur votre sœur,
Comme une espérance dernière,
De rouges œillets tout en fleur
 »

(Louise Michel, 4 septembre 1871)

 

Ni vous, ni moi, ne la connaissions. Par sa mort, elle est entrée soudain dans nos vies. Le 14 mars 2018, Marielle Franco – conseillère municipale à Rio de Janeiro (Brésil) pour le Partido Socialismo e Liberdade (PSOL) – a été froidement assassinée. Prise en chasse par un autre véhicule, la voiture où elle se trouvait fut criblée de balles. Un assassinat ciblé, mûrement préparé, une œuvre de tueurs professionnels : il porte la marque des « escadrons de la mort », recrutés dans les rangs de la police, sombre héritage de la dictature militaire (1964-1985). « En uniforme le jour, incontrôlés la nuit », disait un adage populaire.

Femme, Noire, mère, féministe, sociologue, « enfant de la favela » comme elle aimait à se présenter : Marielle Francisco da Silva - plus simplement connue comme Marielle Franco -, née le 27 juillet 1979 dans la favela Complexo da Maré, dans la Zona Norte de Rio, était une grande dame de la défense des droits humains. Opposée à la décision du président putschiste Michel Temer de faire assurer par l’armée la sécurité à Rio de Janeiro, elle avait été chargée récemment par le Conseil municipal d’un rapport sur les abus répressifs commis dans les favelas. Cette opposition, les adeptes du tout sécuritaire ne la lui ont visiblement pas pardonnée…

Le 15 mars, des dizaines de milliers de Brésilien-ne-s ont accompagné Marielle au cimetière. Que sa mort ne reste pas impunie !

 

Hans-Peter Renk, militant altermondialiste

Texte paru dans Arcinfo, no 50 (21 mars 2018)