trump

Durant les 40 minutes de l’entrevue entre Donald Trump et Alain Berset, que se sont-ils donc dits ? Je n’en sais rien et n’en veux rien savoir. Cet entretien n’entrera pas dans l’histoire.

 

Mais son contexte est instructif. Car dans certaines réponses au journal Le Temps (20.1.2018), Alain Berset – posing as socialist - a révélé sa vision du monde.

« La venue de Donald Trump a ranimé les mouvements altermondialistes. Avez-vous à l’époque fréquenté Porto Alegre ? ». Réponse: « Je n’ai jamais participé à ces mouvements et ne suis jamais allé à Porto Alegre. En revanche, je crois profondément à la force du débat démocratique  et à l’importance du dialogue ».

« Des socialistes se sont toujours refusés d’aller à Davos. Vous n’avez pas mauvaise conscience ? ». Réponse: « Non. J’ai toujours défendu bec et ongles ma liberté de dialogue, d’échange et de rencontre ».

S’il était allé au Forum social mondial, le président de la Confédération aurait pu par exemple rencontrer des paysans sans terre du Brésil ou des syndicalistes colombiens (dont le taux de mortalité causé par les groupes paramilitaires soldés par l’oligarchie locale est l’un des plus élevés du monde).

Dans le poème Guantanamera, José Marti, héros de la 2e guerre d’indépendance cubaine contre la monarchie espagnole à la fin du XIXe siècle, disait : « Con los pobres de la tierra quiero yo mi suerte echar » (je veux partager mon sort avec les pauvres de la terre). Visiblement Alain Berset préfère partager le sort des riches de la terre et dialoguer avec ces derniers. Grand bien lui fasse !

 

Hans-Peter Renk, militant altermondialiste

Texte paru dans Arcinfo, no 15 (8 février 2018)