le locle CG

Notre camarade Hans-Peter Renk, conseiller général en ville du Locle, s'est exprimé le 7 décembre dernier contre le projet de budget 2017. En voici les raisons.

Monsieur le président,

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil général,

J’interviens à titre personnel, ce soir, à propos du budget 2017. Voici mes remarques à propos de certaines mesures préconisées par le Conseil communal.

Tout d’abord, il apparaît que le Conseil communal n’a pas été bon dans sa communication avec le Syndicat des services publics. Inviter le syndicat à un entretien pour l’informer simplement des décisions prises, et par conséquent non négociables, ce n’est pas la meilleure méthode. Il s’agit visiblement d’un « couac », j’espère donc qu’il n’y aura pas récidive en la matière et que les discussions entre le SSP et le Conseil communal pourront à l’avenir se dérouler de manière plus correcte.

J’en viens aux deux mesures concernant le personnel, que propose le Conseil communal pour tempérer le déficit du budget 2017 :

1) concernant la réduction du montant des chèques Rekka, la circulaire adressée au personnel par le Conseil communal comporte une ambiguïté dans sa formulation : la mesure peut être interprétée comme concernant la seule année 2017, mais dans son rapport le Conseil communal la donne comme gravée dans le marbre. Bien que désagréablement surpris par cette mesure, le SSP n’en fait pas un casus belli (c’est-à-dire une cause de conflit). Je n’insisterai donc pas davantage.

2) La mesure concernant le non-octroi de l’échelon automatique au personnel pose problème. L’année passée, malgré un déficit budgétaire, le Conseil communal n’avait pas cru devoir prendre une telle mesure (ou d’autres, plus graves).

On alléguera certes que d’autres collectivités publiques de ce canton ont pris ou vont prendre des mesures salariales bien plus drastiques. Par ailleurs, le SSP signale – dans la documentation qu’il nous a transmise – que le non-octroi de l’échelon automatique influera sur la situation d’employé-e-s nouvellement engagé-e-s, mais aussi sur celle d’employé-e-s en fin de carrière. Le Conseil communal y a-t-il réfléchi ?

On nous affirme que la situation financière de notre ville s’est dégradée en raison d’une conjoncture que nous ne maîtrisons pas. Comme cela avait déjà été souligné, lors de la séance de l’année passée consacrée au budget 2016, la dégradation de notre situation budgétaire est largement due à des circonstances extérieures. En effet, les autorités de notre ville n’ont pas eu une gestion dispendieuse, elles n’ont pas obéré notre budget par des emprunts toxiques... Cette dégradation résulte notamment de la volonté du Conseil d’Etat de procéder sans répit à de nouveaux reports de charges sur les communes et sur le réaménagement à nos dépens (et à ceux d’autres collectivités publiques de cette région) de l’impôt sur les frontaliers.

Le Conseil d’Etat cherche visiblement à égaler, en matière de despotisme, ses lointains prédécesseurs royalistes de la période 1831-février 1848. Il en prend, en tout cas, le chemin. Faudra-t-il donc dire, à l’instar du journaliste français Lamennais en juillet 1848, lorsqu’il annonçait l’arrêt de son journal Le Peuple constituant : « Car ce que nous avons, ce n’est certes pas la République, ce n’est même rien qui ait un nom » ?

Vous l’aurez compris : le non-octroi de l’échelon automatique au personnel ne trouve pas mon approbation. Il crée un précédent dangereux : car si la situation ne s’améliore pas ces prochaines années, le Conseil communal sera tenté de renouveler cette mesure. Et comme le disait spirituellement l’écrivain irlandais Oscar Wilde, « le meilleur moyen de ne plus être soumis à la tentation consiste à y céder ».

Par conséquent, ne voulant pas entrer dans une telle logique, je ne peux pas accepter un budget comportant des mesures salariales à l’encontre du personnel (qui ne porte pas la responsabilité de la situation).

Hans-Peter Renk