cow abattoir

Toutes les autorisations ont été délivrées. Plus rien ne s'oppose donc à la construction d'une gigantesque halle d'engraissement de taureaux, à proximité de Coffrane et prévue pour le printemps 2018. Perdue dans la campagne vaudruzienne ? Pas vraiment, car l'usine à viande, forte de 600 à 700 têtes régulièrement remplacées, s'installera sur une ancienne décharge, un site classé sous surveillance !

Le projet, auquel s'opposent solidaritéS, la gauche et nombre d'associations comme le collectif « Non à la halle d'engraissement », date de 2014, quand un éleveur local émet le souhait de construire la plus grande ferme de ce type en Suisse romande. L'idée suscite alors de vives réactions, une pétition de 14'000 signatures s'y opposant est même déposée, mais le temps fait son office et les tractations sont lentes. Pourtant, elles n'en débouchent pas moins sur le soutien tacite du Conseil d'État, des autorités locales et de la Chambre cantonale d'agriculture. L'Office fédéral de l'environnement n'y trouve lui, rien à redire.

À rebours...

Tout. Tout dans cette halle d'engraissement, va à rebours des engagements écologiques et sociaux que nous devons entreprendre aujourd'hui. Il faut imaginer des centaines de bêtes entassées dans une halle robotisée et déshumanisée, privées de mouvements, gavées d'un fourrage ultra-nutritif et d'antibiotiques prophylactiques pour livrer, en un temps record au marché de l'agrobusiness, des mastodontes de barbaque à désosser. Un minimum d'hommes, un maximum de bêtes pour l'abattoir, voilà l'enjeu.

L'impact négatif d'une telle exploitation est pourtant impressionnant. Outre le déni du bien-être animal, les nuisances multiples pour un large voisinage, la consommation excessive et irresponsable d'eau potable pour produire 1 kilo de viande, il faudra également compter avec les multiples pollutions engendrées par cette usine. Enfin, les personnes qui les mangeront garderont bien à l'esprit que les bêtes auront passé leur courte vie au-dessus d'une ancienne décharge remblayée et forcément vouée à être assainie. Mais le pire n'est pas là. Le gouvernement neuchâtelois a beau se gargariser de terminologies éco-responsables, il n'en soutient pas moins, par son ponce-pilatisme, la logique de maximisation des profits sur le rendement animal, qui structure l'agrobusiness actuel et encourage la consommation superflue d'un produit de mauvaise qualité.

Combattre l'agrobusiness

Cette usine de gavage est une honte. Un contre-exemple parfait de ce que nous soutenons : une agriculture écologique, de proximité, à taille humaine, sans intermédiaires mercantiles et spéculatifs, et plus encore, participative et émancipatrice. L'initiative pour la souveraineté alimentaire, qui défend précisément cette volonté à travers le monde entier par des centaines d'organisations dont solidaritéS, est plus que jamais d'actualité pour combattre de telles dérives, déjà inscrites parmi les anachronismes du siècle qui s'ouvre.

CJP