urneRéuni-e-s hier soir, les militant-e-s de solidaritéS réaffirment le soutien sans faille du mouvement aux employé-e-s de la fonction publique, alors qu’une réforme de leur caisse de retraite sera discutée au Grand Conseil le 15 décembre prochain.

A propos des prochaines votations fédérales et cantonales du 10 février prochain, ce sera OUI au remboursement des soins dentaires, NON à la loi Maudet sur la « laïcité » et OUI à l’initiative fédérale contre le mitage du territoire.

Notre mouvement a en revanche décidé de s’abstenir sur  l’Initiative cantonale pour une caisse publique. Si elle questionne à juste titre un système d’assurance maladie qui génère une grande souffrance parmi la population, elle n’y apporte malheureusement aucune réponse, même partielle.

 

Caisse de pension de l’Etat de Genève (CPEG)
SolidaritéS soutient le projet de loi 12228, déposé par la gauche et le MCG et soutenu par le Cartel intersyndical de la fonction publique et par l’ASLOCA. Favorable aux assuré·e·s de la plus grande caisse du canton, ce projet de loi est aussi favorable à l’ensemble de la population, à qui il garantit la construction de milliers de logements aux loyers abordables.

En revanche, nous rejetons le nouveau projet de loi 12404 du Conseil d’Etat, qui porterait à 22% les baisse des prestations imposées aux salarié·e·s de l’Etat, et n’afficherait plus aucun objectif de rente.

Ensemble à Gauche, le PS, les Verts et le MCG sont aujourd’hui 52 député·e·s au Grand Conseil et disposent de la majorité nécessaire pour adopter le projet de loi 12228, honorant ainsi des engagements formulés avant les élections.

 

OUI au remboursement des soins dentaires
Le mouvement a décidé d’appuyer avec la dernière énergie l’initiative pour le remboursement des soins dentaires, estimant qu’elle représente une urgence sociale dans un canton où 1 habitant-e sur 5, 1 sur 3 pour les bas revenus, doit renoncer à des soins pour des raisons financières, essentiellement à des traitements dentaires.

De plus, les problèmes dentaires non traités sont un facteur important de dégradation de la santé publique, provoquant de multiples infections, des maladies cardiaques et même des cancers… Une assurance publique cantonale obligatoire permettrait de garantir un accès égal aux soins dentaires avec un coût raisonnable, lorsque l’on sait qu’une retenue de 0,5% (0,25% employé-e-s, 0,25% employeurs) sur les salaires suffirait à prendre en charge la quasi-totalité du coût d’un tel système.

Enfin, cette caisse d’assurance dentaire publique et sociale – une première en Suisse – pourrait servir d’exemple à la mise en place d’une caisse publique et sociale en matière d’assurance-maladie!



NON à la loi Maudet qui caricature la « laïcité »
Les militant-e-s se sont par contre fermement opposé à la loi Maudet. Cette loi sur la « laïcité » de l’État pose problème en matière de respect des droits fondamentaux, de respect des droits du personnel de l’État, de respect des droits civiques, de respect de la neutralité religieuse de l’État et de respect de l’égalité hommes-femmes… A contrario, solidaritéS se bat pour une véritable laïcité ! Ainsi, l’État doit s’interdire d’intervenir dans les affaires dites « religieuses », que ce soit pour contrer telle opinion ou pratique ou pour l’encourager.

La loi entend interdire aux personnes portant des « signes religieux » d’occuper des fonctions politiques ainsi que de travailler dans des entités publiques : canton, communes, HUG, SIG, TPG, Aéroport, BCGE, IMAD… De nombreux licenciement seront inévitables ! Cette loi veut ainsi «uniformiser» l’apparence des employé-e-s au mépris de leurs droits, induisant un «fichage» des convictions des employé-e-s… Or la laïcité de l’Etat doit se manifester dans la neutralité de l’action de ses employé-e-s, face à la population.  Pas dans leur apparence.

Enfin, cette loi nie aux femmes le droit de décider pour elles-mêmes. C’est d’ailleurs une majorité du Grand Conseil composée de 80% d’hommes qui a une nouvelle fois décidé de la manière dont les femmes devraient se vêtir… à leur place.



Abstention sur l’Initiative cantonale pour une caisse publique
solidaritéS a décidé d’appeler à l’abstention au sujet de l’Initiative cantonale pour une caisse publique à but social. Notre mouvement est en faveur d'une caisse unique, publique et solidaire et ce que l'initiative propose en est très éloigné. En effet, le modèle proposé par l’initiative cantonale n’apporte pas une réponse satisfaisante à la situation dramatique de la LAMal.

Cette initiative cantonale, sans changer le système au niveau fédéral, propose la mise en place d’une caisse cantonale publique qui – contrairement à l’initiative sur les soins dentaires – ne serait pas solidaire et s’insèrerait dans le système de caisses actuel entrant donc en concurrence avec les caisses privées... Cette caisse ne permettrait pas de résoudre le principal problème de la LAMal, la répartition antisociale des coûts de la santé. Les assuré-e-s continueraient donc à payer une prime par tête dont le prix serait similaire à celui des autres caisses.

Dans une situation où seule une révision de la loi au niveau fédéral permettra de changer en profondeur le système de santé, cette initiative cantonale ouvre une fausse fenêtre. C’est pourquoi nos militant-e-s décidé d’appeler à l’abstention au sujet de cette initiative.

 

 

OUI à l’initiative Stop mitage
Enfin, le mouvement soutient l’initiative des jeunes vert-e-s contre le mitage du territoire. Durant les dernières décennies, des centaines de kilomètres carrés de terres agricoles, de paysages naturels et autres zones vertes ont été surexploités par des constructions diverses.

Aujourd’hui, la Suisse perd presque un mètre carré de zone verte par seconde. Le mitage progresse au fur et à mesure que l’étalement urbain croît. L’initiative sur le mitage se pose en faveur d’une utilisation modérée du sol. Elle s’oppose au mitage en empêchant les zones à bâtir de s’étendre démesurément et empêche de construire en dehors de ces zones, à l’exception de constructions indispensables.

L’initiative préserve les paysages suisses et, de fait, notre qualité de vie. Avec un usage mesuré du sol, chacun pourra continuer à bénéficier d’un logement sans que cela ne nuise aux réserves naturelles.